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Zérophyto

Depuis deux ans la commune de Mazan applique, par anticipation, l’entretien des espaces publics sans produits phytosanitaires. Elle peut se réjouir d’agir dans le sens du respect de l’environnement, de la préservation de la biodiversité, de la qualité de l’eau et de la santé de tous. En contrepartie, ce changement demande aux Mazanais d’accepter une flore sauvage qui recolonise rues et ruelles avec grande parcimonie. La « flore sauvage » d’aujourd’hui est la « mauvaise herbe » d’hier ! en fait c’est la même chose, l’une ne remplace pas l’autre.

Le zérophyto au cimetière ?

Appliquer la réglementation du « zérophyto » dans les allées du cimetière reste encore problématique. Le cimetière est en effet un espace à part, dans le sens où tout en étant public, il abrite une parcelle sensible et extrêmement privée de nos vies. Le développement d’une végétation sauvage peut alors être perçu comme un signe d’abandon et d’irrespect envers les défunts et les familles.

Penser le cimetière comme un jardin fleuri

Passer au « zérophyto » dans un cimetière ne signifie pas le délaisser et favoriser un enherbement anarchique. Passer au « zérophyto » dans un cimetière se fait par la végétalisation, le fleurissement et l’utilisation d’un outillage adapté, dans le respect du site et des familles des défunts. La fleur doit, en effet, prendre la place de la « mauvaise herbe » dans les endroits où la solution mécanique ou thermique n’est pas satisfaisante. En passant au zérophyto, nous faisons alors du cimetière un jardin.

Le cimetière, lieu de mémoire et d’histoire

Les anciens cimetières sont la mémoire des villes et des villages. On peut y voir la grande Histoire. En effet, suite de la Révolution française, les cimetières sont déplacés à la périphérie des villes et des villages, et ce, pour des questions d’hygiène. C’est une page blanche qui s’offre alors à cette société en reconstruction et en quête de reconnaissance. Le cimetière sera l’occasion d’asseoir sa jeune position sociale. Les grandes allées sont investies par la haute société, les communs laissés au peuple. L’on meurt donc comme l’on a vécu dans le faste ou dans la pauvreté, la ville des morts reflète alors la ville des vivants. Ainsi, le faste de certaines tombes, le choix des épitaphes, du statuaire, de la symbolique funéraire sont là pour montrer et partager sa peine, pour accompagner le défunt, mais également pour porter le souvenir du nom et des hommes, ils sont là pour être vus. C’est dans ce sens que le cimetière est un espace d’histoire et de mémoire, un espace public à partager comme lieu de recueillement et de culture.

 

 

Cette action patrimoniale et environnementale est réalisée dans le cadre du projet du Parc Naturel Régional du Mont- Ventoux porté par le SMAEMV et bénéficie du soutien financier de la Région Sud-Provence-Alpes-Côte-d’Azur et du Département de Vaucluse

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